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Empow'her : interview de la fondatrice soazig

L'entreprenariat au féminin, ça nous parle chez BAYA ! Découvrez l'interview de Soazig pour en savoir un peu plus sur cette organisation que nous soutenons. Si cela vous parle aussi, rendez-vous sur notre eshop et faites un geste au moment de régler votre commande : plusieurs mini-dons réunis peuvent aider à faire de grandes choses !

Bonjour Soazic, tu es la fondatrice et directrice générale de Empow'Her une organisation française qui oeuvre pour l'autonomisation des femmes dans le monde en renforçant leur liberté et leur capacité à entreprendre. Comment est née ton envie de créer cette organisation ?
Empow’Her est né lors d’un voyage que j’ai entrepris avec des amis en 2012 pour aller à la rencontre de femmes entrepreneures dans le monde. Pendant 6 mois, nous avons rencontré et accompagné des femmes qui avaient créé leur propre entreprise au Sénégal, au Burkina Faso, au Cambodge ou encore au Pérou. Malgré leurs différences, notre constat était identique dans ces 4 pays : l’entrepreneuriat représentait un potentiel incroyable pour l’autonomisation des femmes et le développement de communautés entières, mais toutes les barrières auxquelles elles étaient confrontées les empêchaient d’atteindre leurs objectifs et de réaliser leur potentiel. On observait en effet régulièrement que les femmes restaient cantonnées à de l’entrepreneuriat de survie, qu’elles étaient confrontées à de forts mécanismes d’autocensure et à un accès moindre aux ressources stratégiques, et enfin qu’elles étaient éloignées des dispositifs d’accompagnement traditionnels. Cette expérience nous a permis de nous rendre compte qu’en apportant de la formation et des outils de gestion à ces femmes, l’entrepreneuriat pouvait devenir un vrai levier de développement pour elles et surtout un outil de liberté fantastique. C’est suite à cette aventure de 6 mois que Empow’Her a vu le jour en 2013, avec pour objectif de créer des programmes de formation, d’accompagnement et de mise en réseau pour permettre aux femmes de se lancer et d’être soutenues dans la création et le développement d’activités économiques pérennes et génératrices de valeur.

Peux-tu nous donner une idée des programmes que vous proposez à travers le monde ?
Depuis 2013, nous avons beaucoup diversifié les programmes proposés afin de s’adapter à la diversité des profils et donc des besoins des femmes qui recherchent un soutien. C’était en effet une nécessité pour nous de prendre en compte la pluralité des femmes entrepreneures dans le monde et de ne pas les réduire à un type d’entrepreneuriat ou de leadership en particulier. Aujourd’hui nous proposons 5 types d’accompagnement : pour donner quelques exemples, nous avons lancé en France le programme « Women’Act », un parcours de 10 mois focalisé sur le développement du leadership à destination d’une trentaine de femmes qui portent des projets à fort potentiel d’impact social et/ou environnemental. En parallèle notre équipe au Niger propose des formations d’alphabétisation à l’entrepreneuriat aux plus démunies (notre programme « Seeds ») et développe en même temps le programme « Grow » pour accompagner les femmes rurales dans l’agroécologie, tandis que nos formateurs.rices en Côte d’Ivoire opèrent actuellement en région le programme « Spark », un parcours de formation de 3 mois à destination de jeunes femmes visant à les aider à passer avec succès les étapes de la création d’entreprise. Pour vous donner une idée de notre impact, sur la seule année 2018, nous avons accompagné plus de 1 200 femmes sur les pays où nous opérons ! Au-delà de la vision commune portée par les équipes, ce qui fait le lien entre toutes ces programmes, c’est la méthodologie que nous utilisons et qui vise systématiquement autant à renforcer les compétences entrepreneuriales des femmes qu’à développer leur posture et leur confiance en elles.

 

Comment financez-vous ces programmes ? Et comment sont utilisés les dons que vous recevez ?
Depuis le début, nous avons fait le choix d’un modèle économique hybride, ce qui veut dire que nous finançons une grande partie de nos programmes grâce à la générosité de nos partenaires et de nos donateurs.rices, le reste provenant des revenus que l’association génère et notamment des contributions financières que les femmes apportent pour assister aux formations. La non-gratuité de nos programmes est un choix totalement assumé de notre part, et bien que les tarifs soient totalement adaptés au pouvoir d’achat de nos bénéficiaires, c’est un principe qui entérine clairement la posture de non-passivité et d’autodétermination que nous prônons à travers notre action. Les femmes bénéficiaires ont d’ailleurs toujours le choix de suivre une formation chez nous et nous faisons systématiquement en sorte qu’elles soient valorisées comme les principales actrices de leur processus d’apprentissage.

Ceci dit, nous ne pourrions rien faire sans le mécénat et les dons que nous recevons et qui représentent aujourd’hui une part prépondérante (85% !) de nos ressources (Empow’Her est par ailleurs une organisation reconnue d’intérêt général ce qui nous permet de défiscaliser tous les dons). C’est un modèle assez vertueux que nous souhaitons continuer de développer afin de gagner davantage en autonomie sans jamais le faire au détriment de notre impact social qui reste notre priorité.

Concrètement peux-tu nous donner un exemple de projet qui s'est lancé avec Empow'her et qui existe aujourd'hui ?
Il y en a beaucoup ! Nous accompagnons des femmes commerçantes, des couturières, des vannières, des agricultrices, des femmes qui portent des projets de transformation agro-alimentaire, d’autres qui développent des services à travers de la technologie mobile… pour ne citer que quelques femmes qui ont marqué mon parcours au sein de Empow’Her, je vous parlerais volontiers de Sokkey qui a ouvert une épicerie dans son village au Cambodge, d’Ana au Pérou que nous avons accompagné dans le développement de potagers biologiques, de Veronic qui développe une marketplace de produits upcyclés en France ou encore de Michèle au Niger qui porte un projet de collecte et de transformation des déchets plastiques à Niamey. Ce ne sont que quelques exemples parmi toutes les femmes incroyables que nous avons le chance d’accompagner mais que sont l’illustration parfaite de ce que les femmes apportent aux communautés en termes de créativité, d’énergie et de création de valeur !

Enfin, peux-tu nous raconter une de tes journées "type" (s'il en existe!) d'entrepreneure ?
Difficile de parler d’une journée « type » à Empow’Her car nos activités se développent très rapidement et donc mon rôle avec ! Une très grande partie de mon travail consiste tout de même à manager et accompagner les équipes opérationnelles qui portent notre travail de formation sur le terrain et à construire et développer des collaborations avec différents partenaires en France ou à l’international. Quand je ne suis pas à l’étranger, j’essaie de consacrer mes matinées au travail de bureau et de réserver mes après-midis aux réunions et rendez-vous. Question d’efficacité !

Les sujets sur lesquels je travaille actuellement concernent autant la gestion des opérations, que la mesure de ou que la pérennité économique de la structure et sa gestion administrative et financière. Bref mes journées sont généralement assez denses et très fréquemment « à rallonge », mais les challenges et perspectives d’évolution sont tellement stimulants que j’ai toujours envie d’aller plus vite. Heureusement je ne suis pas seule et j’ai l’immense chance d’avoir une équipe en or qui abat un travail de dingue et qui veille à ce que personne ne s’essouffle. J’arrive également à me dégager du temps pour aller sur le terrain pour être en contact avec nos bénéficiaires, un élément crucial pour moi afin de ne pas m’éloigner de ce qu’est concrètement Empow’Her et pour me réinsuffler l’énergie nécessaire pour tenir sur la durée !




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