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"Faites-vous confiance, faites confiance à votre instinct, ne suivez pas de recette toute faite" - Rencontre avec Alix Petit

Alix Petit est la créatrice de la marque Heimstone, elle est maman de deux filles, sportive et adapte de yoga. Nous l’avons interviewé chez Maisie Café, nous avons parlé entrepreunariat et de sa marque Heimstone qui est une extension d’elle-même, de yoga, de bien-être, de création et puis de grossesse et d’accouchement naturel ! C’était une conversation passionnante, sans tabou, pleine d’énergie qui on l’espère vous inspirera autant qu’elle nous a inspiré.

Comment tu t’es mise au yoga ? Comment tu as découvert le yoga ?
J’ai toujours été hyper sportive, comme mes parents ! Mon père est très bon joueur de tennis et on a toujours baigné dans un univers très sportif. Nous passions les vacances d’été on les passait dans des camps aux Etats-Unis, on allait tous les weekends au club de tennis…

J’ai toujours été fit et tonique. Lorsque j’étais enceinte de ma première fille Ellis, nous étions à New York, je fais de la boxe et des footings jusqu’à 6 mois et demis puis j’ai arrêté car j’avais peur que mon ventre me tombe sur les genoux ! En arrêtant le sport, j’ai tout de suite commencé à avoir des douleurs dans le bas du dos, en fin de journée j’avais besoin de m’étirer. J’ai essayé de m’étirer un peu sur mon lit, et le simple fait de me mettre les bras tendus, allongée sur le dos, j’avais des décharges électriques dans tout le corps ! C’est ainsi que je me suis dit, bon là j’ai quand même 31 ans il va falloir que je fasse quelque chose pour m’assouplir… Comme aux Etats Unis le yoga est à tous les coins de rues, nous avons commencé avec ma sœur jumelle qui était comme moi. J’ai commencé après mon accouchement, car j’étais tellement raide que je me suis dit je ne pourrai pas commencer le yoga maintenant : déjà j’avais mon ventre qui allait être un handicap en plus de ça je ne pouvais même pas toucher mes genoux !

On a accouché en France et quand nous sommes rentrés tous ensemble à New York, on s’est inscrites dans un studio de yoga et on a continué la boxe (c’était très bien de mêler cardio et stretching). Comme on ne connaissait pas, on a commencé par le yoga que tout le monde connait sur internet : le Vinyasa. Au début, c’était insupportable dans tout mon corps ! C’était une souffrance dingue tellement j’étais raide ! En plus, je ne connaissais pas la respiration donc je respirais mal : quand on fait du cardio on inspire par le nez et on expire par la bouche.

Pendant 3 mois j’ai essayé toutes sortes de yoga différents pour voir lequel me correspondait et j’ai fini par trouver l’Ashtanga qui est hyper physique, car c’est ce dont j’ai besoin ! J’ai du mal avec le Yin ou le Hatha, sauf peut-être en fin de grossesse ça peut être très agréable. Mais sinon j’ai besoin de transpirer ! Et l’Ashtanga réuni tout ce qui me plaisait.

Aujourd’hui je me suis beaucoup assouplie, mais dans certaines postures j’ai encore des lacunes monumentales. Ce que je trouve génial, c’est que c’est un travail de tous les jours, on voit son évolution et je trouve ça hyper intéressant. On apprend beaucoup de son corps, on découvre des muscles dont on ne connaissait même pas l’existence, on apprend la respiration et on est beaucoup plus conscient après dans notre quotidien. Depuis que je fais du yoga je n’ai plus jamais mal nul part, avant j’avais toujours mal aux cervicales, je me tenais mal…

Quelle est ta routine créative quand tu débutes une nouvelle collection ? Comment tu commences et est-ce que tu t’imposes certaines choses ?
Alors déjà, je ne m’impose rien ! Je pense que ce qui nous bloque dans notre créativité, c’est justement quand on se met des limites ou des barrières. Je pense qu’on est toutes créatives et le plus tu es libérée dans ta tête, le plus tu peux faire de choses. Donc le bien-être passe par le bien-être de ton corps : avoir une bonne alimentation, faire du sport ou de la marche, avoir des petits plaisirs perso… Ce n’est pas tout noir ou tout blanc ! J’adore aller me faire un apéro ou je vais manger du fromage, de la charcuterie, boire du vin… ça me fait autant plaisir que de savoir que le lendemain je vais me réveiller et me faire un jus vert, une petite salade de fruit ! Pour moi le bien-être c’est une question d’équilibre, de balance ! Au même titre que j’adore être avec mes enfants, je suis hyper investie et à côté de ça j’adore partir 5 jours sans les enfants, je pars pour être complètement moi-même ou avec les amis avec qui je pars.

Pareil pour la création : je ne me dis jamais il faut que je travaille sur telle collection. En général une collection inspire une autre collection. Je ne me force pas à construire une histoire ! Pour vous donner une idée : les parents de mon mari ont acheté un terrain hyper beau dans le sud de la Turquie, qui surplombe toutes les îles grecques. On était là-bas cet été et sur le chantier la terre était très rouge et à côté le ciment était blanc et le béton gris. C’était beau ce mélange de couleurs alors j’en ai fait des photos et il se trouve que ça sera un des motifs pour la prochaine collection !

Je ne passe pas des heures à des dessiner 1000 croquis, au moment où je développe les imprimés, la collection est déjà avancée dans ma tête. Je dessine, je note, je suis tout le temps le nez au vent et sans limite ! C’est libre et spontané. Autre exemple, on vient de lancer l’imprimé « Goldfish crackers » que j’ai imaginé en mangeant ces petits gâteaux apéritifs ;-)

Est-ce que créativité et bien-être c’est lié ? Tu te sens plus créative quand tu es en paix avec ton bien-être ?
Oui mais en même temps, à des moments de ma vie où j’étais plus stressée, avec des problèmes à régler je ne n’étais pas moins créative. Peut-être que les collections étaient différentes ! Les collections sont très rythmées par mes moments de vie, quand je vois des produits je revoie comment j’étais à ce moment-là, je que je pensais. En fait Heimstone, c’est vraiment une extension de moi-même !

Lorsque tu vas à un cours de yoga pendant la journée, est-ce que ça te reboote le cerveau pour être plus efficace ?
Complètement ! Je peux y aller quand je veux, de temps en temps j’y vais à 14h ou 11h même si ça fout un peu en l’air la journée donc j’y vais souvent à l’heure du déjeuner. Quand je sors d’un cours de yoga, c’est comme si je commençais une nouvelle journée. Même si c’est un cours en fin de journée ! La respiration du yoga ouvre des petites bulles d’oxygène dans ta tête, j’avais la même sensation quand je courrai beaucoup lorsque je faisais du footing. Tu cours, tu respires, ça fait prendre un recul incroyable et plus n’est un problème. Et avec le yoga c’est encore plus !

Le yoga t’as beaucoup accompagné pendant ta deuxième grossesse, jusqu’à l’accouchement naturel de ta fille Panda. Comment le yoga a rythmé cette grossesse ?
La grossesse a été rythmée à 90% par le yoga ! J’y suis allée religieusement tous les jours (sauf les 3 mois), mon prof d’Ashtanga que j’adore, Cyril Lagel
, m’a vraiment suivi pendant toute ma grossesse. C’est un des 7 profs certifiés de l’Ecole Mysore d’Ashtanga en Inde, c’est un puriste du yoga, mais qui explique avec des mots que tu peux comprendre ! Il explique de façon douce et terre à terre, et t’as envie d’en savoir plus.

Quand je suis tombée enceinte, j’ai fait mon test de grossesse et il a été la deuxième personne à qui j’ai dit que j’étais enceinte, après mon mari, car je savais que j’avais un cours avec lui l’après-midi. J’ai été obligée de lui dire car on ne peut pas pratiquer les 3 premiers mois… Je l’ai supplié de faire comme s’il n’avait rien entendu, pour que je puisse continuer, et que ça reste un secret mais il n’a rien voulu entendre ! J’ai donc attendu les 3 premiers mois et pendant ce temps il m’a demandé de faire cette chose qui m’a été insupportable mais finalement très bénéfique sur le long terme : pratiquer ma série d’Ashtanga dans ma tête ! Il sait que j’ai besoin de me défouler, c’était vraiment un challenge qui m’a rendue folle mais qui m’a fait travailler mon mental. Inconsciemment ça m’a permis de lâcher sur plein de choses, j’étais en combat contre moi-même donc ça m’a appris à prendre de la distance !

Ensuite j’ai repris de plus belle 6 fois par semaine ! Et je faisais tout, sauf les torsions, les jump through et jump back. Il m’a beaucoup encouragé, même dans les moments où ce n’était pas facile de pratiquer. Ça l’a beaucoup intéressé et il m’a demandé quelque chose de génial : écrire tout ce que j’ai ressenti pendant ma pratique du jour 1 où je suis tombée enceinte jusqu’à mon accouchement (Alix en a fait un article, à lire dans la rubrique Lifestyle de Heimstone ici).

Pratiquer quotidiennement le yoga pendant cette grossesse était incroyable. J’ai tissé des liens magiques avec Panda, ma deuxième fille, que je ressens encore aujourd’hui. J’ai été tellement à l’écoute de mon bébé que des liens très forts se sont construits. Elle ne supportait pas certaines postures alors elle donnait des coups dans le ventre ! D’autres qu’elle adorait… Par exemple pendant les salutations, il fallait que je les fasse plus doucement que les autres car je sentais que mon bébé avait besoin de se compacter pour que j’ai plus de place, c’était vraiment hallucinant. Quand je repense à ma grossesse, je peux encore en pleurer tellement j’ai aimé ça ! J’étais en forme, je marchais sans problème, je n’avais pas mal au dos. Mes postures préférées étaient les inversées, je pouvais rester 15mins comme ça ! Je sentais que ça flottait, qu’elle était bien.  Quand elle est née, elle n’était pas « froissée », elle n’avait pas la tête déformée je ne sais pas si cela est lié mais j’avais l’impression de lui avoir créé de la place en respirant !

Enfin, pour mon accouchement je n’ai pas pris de cours, c’est ce que je raconte dans mon article sur la grossesse (que vous pouvez lire ici). Je déteste les trucs où tu es archi préparé, parce que tu idéalises ton accouchement en le visualisant dans ta tête et ça enlève tout le côté instinctif. La sage-femme de l’hôpital Necker m’a simplement dit, allez voir quand même une sage-femme libérale juste pour qu’elle vous parle de la respiration et de comment se passe l’accouchement naturel. J’ai fait deux cours avec elle. Et finalement je ne retiens que deux phrases essentielles qui m’ont aidé pour mon accouchement :

La première c’était la phrase de mon prof d’Ashtanga «envoie la respiration là où ça fait mal ». La deuxième c’était la sage-femme qui m’avait dit « à la première contraction, mettez en place la respiration tout de suite car c’est comme un marathon, vous ne voulez pas vous faire prendre par le souffle». Donc dès la première contraction j’ai mis en place la respiration du yogi, qui était devenue ma respiration naturelle et j’ai fait tout mon accouchement comme cela avec ces deux phrases en tête. Les yeux fermés, je visualisais et j’envoyais ma respiration là où j’avais mal. Et j’ai eu vraiment très mal, je ne pouvais même pas parler mais c’était génial, pour rien au monde je le ferai différemment. Je n’ai aucun souvenir visuel de cet accouchement, mais j’ai tout senti, les sensations étaient incroyables : la poche des eaux qui se rompt, tout ! Mais j’étais complètement en dehors de mon corps, c’était un abandon total. Je me souviens de mon mari et de ma sœur qui me parlaient, mais j’étais sortie de mon corps. Et puis après le moment où le bébé est sorti, tu n’as plus aucune douleur, le corps se remet. C’est extraordinaire et ça donne une confiance incroyable, tu te dis que si tu arrives à faire ça, ensuite tu peux tout faire !

Pour finir, nous voulions partager avec vous ces mots d’Alix qui font du bien et dont il est bon de se rappeler : «Faites-vous confiance, faites confiance à votre instinct, ne suivez pas de recette toute faite, ne vous laissez pas freiner par des règles imposées par on ne sait qui et cultivez votre créativité ;-) Arrêtez de penser que les choses sont comme ça et pas autrement, il faut s’écouter pour être créatif. Il y a mille manières de rendre les gens créatifs : se laisser aller à quelque chose de naturel comme l’accouchement, l’allaitement, les sens qui sont mis en éveil avec la cuisine, le goût et la couleur d’un bon vin….». Et enfin nous avons parlé de confiance et d’affranchissement du regard des autres ! «Je m’en fiche que les gens pensent que je suis une gosse de riche qui est tout le temps en vacances, moi je connais la vérité et la façon dont j’ai bossé comme une dingue pendant 10 ans. Le jugement des gens est donc le cadet de mes soucis !»

« Je suis fière, je le dis car je pense que c’est quelque chose dont tout le monde a besoin : j’ai confiance en moi, je peux avoir des doutes comme tout le monde mais qui sont des doutes par rapport à moi, pas par rapport au regard des autres. »

Merci Alix d’avoir partagé tout cela avec nous !
Pour en savoir plus, découvrez la rubrique lifestyle «Empower women through creativity» d’Heimstone et son compte Instagram

Crédits photo : 1. Cyril Lagel, 2. Antoine Blanchet

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